Jeudi 23 Février 2012
Article paru
dans CEA Techno(s) n° 96

Valorisation industrielle


Vingt ans de forte montée en puissance

De 1990 à 2010, le CEA est devenu l'organisme de recherche français le plus actif en valorisation industrielle. Engagé dans la mise en place de laboratoires communs, le transfert de licences et la création de start-up, il s'est doté d'une véritable filière de transfert technologique.

La montée en puissance de la valorisation de la recherche au CEA se mesure d'abord en chiffres. En vingt ans, les dépôts de brevets prioritaires ont triplé : ils sont passés de moins de 200 par an à plus de 600. Chaque année, plus de 100 nouvelles licences sont concédées à des entreprises. 120 start-up technologiques ont vu le jour ; elles totalisent aujourd'hui 3500 emplois directs. Aucun autre organisme de recherche technologique français ne peut se prévaloir d'un tel bilan. Le CEA aurait pu limiter ses activités de valorisation au secteur de l'énergie. Mais s'il collabore bien avec des grands, comme Areva et EDF, il a historiquement ouvert tous azimuts son champ d'innovation : les technologies pour l'information et la communication (Bull, STMicroelectronics, Soitec, Crocus Technology), les technologies pour la santé (bioMérieux, Biorad), la défense et la sécurité (EADS, Thalès), les nouvelles technologies pour l'énergie (Renault)... “Le transfert de technologies fait partie de notre mission, tous secteurs confondus”, note Jean-Charles Guibert, directeur de la valorisation. Au-delà des chiffres et des références, le CEA a inscrit sa démarche dans la durée en se dotant d'une filière dédiée au transfert de technologie. Il a créé une direction de la recherche technologique en 1990 et s'est doté de compétences en marketing de la recherche, en gestion de la propriété intellectuelle, en négociation juridique, en création d'entreprise... 

Plus de 50 laboratoires communs avec les industriels 

Autre signe de cette volonté de construire : la multiplication des laboratoires communs avec des industriels. Il en existe aujourd'hui plus de 50, créés au départ pour trois ans et actifs pour beaucoup depuis dix ans et plus. “Quand des entreprises comme Thalès, Essilor, Gemalto ou bioMérieux vous dévoilent leur technologie, leurs difficultés et leur stratégie, c'est que la confiance est totale”, analyse Jean-Charles Guibert. Le rapprochement avec les industriels s'est concrétisé également par la création de campus d'innovation regroupant plusieurs milliers de chercheurs, d'industriels et d'élèves ingénieurs. Minatec (micro et nanotechnologies) en 2006 à Grenoble, était le premier. Il a été suivi par Digiteo (technologies de l'information et de la communication) en région parisienne, puis par les centres d'intégration Nano-Innov : le site de Palaiseau est en voie d'achèvement, Toulouse et Grenoble suivront. Un effort reste à faire côté PME, cette dynamique de valorisation bénéficiant davantage aux grands groupes. Question de taille d'entreprises, de moyens, de culture : en France, personne n'a semble-t-il trouvé la bonne formule. Toutefois, le CEA expérimente aujourd'hui deux pistes prometteuses dans des environnements dédiés comme le bâtiment B2I de Minatec. Objectifs : mieux formaliser l'expression des besoins en R&D des PME, en s'appuyant sur d'autres profils que les chercheurs et leur proposer des projets de recherche différents, adaptés à leurs contraintes de budget et de délai en termes de retour sur investissement.

Succès technologiques, marchés de niche ou sujets d'avenir, le CEA place sa puissance de recherche au service de nombreuses PME. Découvrez 12 réussites à valeur d'exemple dans la colonne ci-contre.


Entre 1991 et 2010, les dépôts de brevets prioritaires ont triplé au CEA : ils sont passés de moins de 200 par an à plus de 600.