Article paru De 1990 à 2010, le CEA est devenu l'organisme de recherche français le plus actif en valorisation industrielle. Engagé dans la mise en place de laboratoires communs, le transfert de licences et la création de start-up, il s'est doté d'une véritable filière de transfert technologique.
La montée en puissance de la valorisation de la recherche au CEA se mesure d'abord en chiffres. En vingt ans, les dépôts de brevets prioritaires ont triplé : ils sont passés de moins de 200 par an à plus de 600. Chaque année, plus de 100 nouvelles licences sont concédées à des entreprises. 120 start-up technologiques ont vu le jour ; elles totalisent aujourd'hui 3500 emplois directs. Aucun autre organisme de recherche technologique français ne peut se prévaloir d'un tel bilan. Le CEA aurait pu limiter ses activités de valorisation au secteur de l'énergie. Mais s'il collabore bien avec des grands, comme Areva et EDF, il a historiquement ouvert tous azimuts son champ d'innovation : les technologies pour l'information et la communication (Bull, STMicroelectronics, Soitec, Crocus Technology), les technologies pour la santé (bioMérieux, Biorad), la défense et la sécurité (EADS, Thalès), les nouvelles technologies pour l'énergie (Renault)... “Le transfert de technologies fait partie de notre mission, tous secteurs confondus”, note Jean-Charles Guibert, directeur de la valorisation. Au-delà des chiffres et des références, le CEA a inscrit sa démarche dans la durée en se dotant d'une filière dédiée au transfert de technologie. Il a créé une direction de la recherche technologique en 1990 et s'est doté de compétences en marketing de la recherche, en gestion de la propriété intellectuelle, en négociation juridique, en création d'entreprise...
Entre 1991 et 2010, les dépôts de brevets prioritaires ont triplé au CEA : ils sont passés de moins de 200 par an à plus de 600.