PMV
Quand le panneau autoroutier gagne en autonomie !
Grâce à l'ajout de cellules photovoltaques, la nouvelle génération des panneaux à messages variables (PMV) installés sur les autoroutes passe en mode autonomie. A la clé : un système sans branchement au réseau électrique.
Informations en temps réel sur les conditions de circulation des autoroutes, prévention des risques ou simplement support de publicité ou horloge, les Panneaux à Messages Variables (PMV) sont devenus des repères familiers pour les automobilistes. L'implantation d'une telle signalétique requiert deux éléments indispensables : un réseau électronique et un réseau de communication pour sa connexion au système d'information de l'exploitant. Des contraintes nécessitant de lourds travaux de raccordement, dont le budget atteint 25 000 euros, en moyenne, par kilomètre de câbles déployés. A la demande du premier fabricant français de signalisation verticale, SES, et dans l'objectif de baisser les coûts d'installation et d'exploitation, ainsi qu'une empreinte environnementale non négligeable, l'Institut National pour l'Energie Solaire (Inès) et le CEA LITEN ont élaboré un système intégrant le photovoltaque, capable de fonctionner 24 heures sur 24. “Nous avons cherché à reconfigurer l'électronique intégrée via des circuits intelligents et des LEDs basse consommation, explique Mark Vervaart, responsable du projet au LITEN. Ce système, baptisé Optima, offre une diminution de l'ordre de 85 % de la consommation énergétique des panneaux”. Une plus grande autonomie obtenue grâce à l'intégration de systèmes photovoltaques, lesquels captent le rayonnement solaire, le transforment en électricité, ensuite stockée dans les batteries du module énergie. La continuité de fonctionnement durant la nuit ou les journées “grises” est assurée grâce à une capacité de stockage de 10 kilowatt-heure, déterminée à partir des données d'un logiciel météo selon des scénarios extrêmes. “Au démarrage du projet, en 2008, un Panneau à Message Variable consommait 1 500 watts, soit l'équivalent de 60 m² de cellules photovoltaïques, indique Mark Vervaart. Aujourd'hui, grâce aux LEDs, moins gourmands, et à des composants résistant mieux au froid et à la chaleur, Optima ne requiert plus que 10 m² de cellules, soit une consommation six fois moins importante”. L'exploitant devient ainsi libre d'installer ces PMV, autonomes et d'une durée de vie de 15 ans, aux endroits les plus pertinents pour informer les usagers et augmenter la sécurité. L'intégration de tels systèmes photovoltaïques en remplacement du traditionnel réseau électrique ouvre des perspectives intéressantes pour les concessionnaires d'autoroute, les collectivités locales ou encore les réseaux de transport désireux de réduire leur facture énergétique.