Nanoparticules
Bien les détecter pour mieux s'en protéger
Principe de précaution oblige, le CEA Liten s'est engagé dans la caractérisation des équipements de protection individuelle et collective contre les nanoparticules artificielles. Il a mis au point des bancs de test, que pourront utiliser les industriels fabriquant ou utilisant ce type de produits.
Pneus, peintures, crèmes solaires, produits de maquillage... les nanoparticules sont omniprésentes dans la vie quotidienne. Or, en l'absence de données toxicologiques fiables, il est important de prévenir les risques potentiels en s'assurant que l'exposition à ces matériaux est aussi faible que possible.
Pour garantir des conditions de travail optimales à ses salariés, le CEA a développé dans le cadre du projet Nanosafe2, qu'il coordonne au niveau européen, des bancs de test pour évaluer l'efficacité des équipements de protection individuelle (masques, gants, vêtements de travail, ...) et collective (filtres) vis-à-vis des nanoparticules.
Les installations mises au point comprennent des moyens de production de nanoparticules tests (graphite, oxyde de titane, platine...) et des moyens de mesure de type SMPS (Scaning Mobility Particle Sizer). "Les nanoparticules sont triées en fonction de leur mobilité électrique, directement liée à leur taille, puis détectées par diffusion de la lumière après grossissement jusqu'à 1 micron par condensation d'une vapeur saturante à leur surface", explique Luana Golanski, chercheuse au Liten. Dans la pratique, les bancs de test mis au point permettent de détecter les particules jusqu'à 10 nm mais les chercheurs planchent sur la qualification de la méthode pour atteindre le nanomètre, en vue de devenir le centre national de référence pour la sécurité en nanotechnologies.
Les résultats obtenus montrent que, conformément à la théorie de filtration, les filtres présentent de meilleures performances pour des nanoparticules que pour des particules plus grosses. Les gants sont en général également très efficaces contre les nanoaérosols. Pour les vêtements de protection, les meilleures performances sont obtenues avec des tenues jetables, étanches à l'air. Les tenues en tissu synthétique et en coton sont, en revanche, peu efficaces.
Parallèlement, le Liten propose un banc permettant de mesurer et de quantifier la libération de nanoparticules dans l'environnement par les nanomatériaux. Deux pièces du nanomatériau à tester sont frottées l'une contre l'autre en espace confiné, la quantité de nanoparticules éventuellement libérée étant mesurée par la même méthode que précédemment. "Cela permettra à terme de mieux optimiser l'accrochage des nanocharges lors de la conception de ces matériaux et, en démontrant l'absence de relargage de nanoparticules seules, de faciliter leur mise sur le marché", explique François Tardif, responsable du laboratoire Technologies des traceurs au Liten.