avalanches
Et si l'ultra large bande pouvait sauver des vies ?
La localisation précise et rapide de victimes d'avalanche, difficile avec les technologies actuelles, pourrait être facilitée par l'usage de la radio ultra large bande (ULB). Le CEA Léti a vérifié son potentiel lors d'une première démonstration. Il mène des essais en montagne afin d'améliorer sa technologie.
La recherche de victimes d'avalanche est une course contre la montre : plus le temps passe, plus les personnes enfouies risquent de succomber au froid ou à l'étouffement. Alors, pour tenter de gagner cette course, randonneurs et sauveteurs s'appuient sur les technologies radio. L'ARVA (appareil de recherche de victimes d'avalanche), qui fonctionne à 457 KHz, est ainsi devenu un standard international :
"Il est basé sur la mesure de l'intensité d'une onde continue et fonctionne en champ proche. Les lignes de champ rayonnées sont curvilignes : le sauveteur est contraint de suivre une courbe pour parvenir au point où il faut creuser," explique Norbert Daniele, du Léti. Autre handicap : le récepteur ARVA, appareil complexe, demande un apprentissage long et à renouveler souvent.
Norbert Danièle, lui-même moniteur de ski alpinisme, s'est donc intéressé à l'ULB pour ce contexte particulier. La technologie est étudiée au Léti depuis plusieurs années et en mode impulsionnel, elle est considérée à ce jour comme la meilleure pour hybrider communication et localisation.
L'onde ULB est constituée d'une succession d'impulsions très courtes (centaines de picosecondes) : cette finesse temporelle permet une excellente finesse spatiale. De plus, pas besoin de référence fixe : en utilisant trois récepteurs, un principal et deux satellites, on localise la victime par triangulation. "Suite à des expérimentations dans la neige nous avons retenu la gamme 500-1000 MHz pour ses propriétés de propagation, de facilité d'implémentation et de basse consommation", précise Norbert Danièle.
En 2005, une démonstration menée dans un vaste hangar en béton, avec trois antennes de réception reliées à un oscilloscope numérique, a conclu à une finesse de précision en temps réel de 10 cm en statique et de 30 cm en poursuite. En situation de non visibilité (murs), on atteignait encore les 50 cm.
Cet hiver, une équipe testera le dispositif en montagne : la propagation du signal ULB est impactée par la température et le taux d'humidité de la neige, d'où la nécessité d'algorithmes dédiés. Côté matériel, les travaux porteront sur la définition d'un récepteur léger, économique et peu gourmand en énergie, et sur l'optimisation des antennes.
La radiolocalisation ULB pourrait permettre aussi de suivre personnes et objets dans des bâtiments : pompiers dans un bâtiment enfumé, forces spéciales préparant un assaut, containers dans un entrepôt De plus, le couplage avec la communication permet de transmettre des données supplémentaires : rythme cardiaque, température corporelle, contenu des containers Le Léti a déjà breveté l'application "avalanches" de cette technologie prometteuse.