Jeudi 9 Février 2012
Article paru
dans CEA Techno(s) n° 78

num@tec automotive pour l'électronique embarquée

L'industrie automobile joue la coopération

Lancé officiellement le 14 octobre dernier au salon Equip'Auto, le projet Num@tec Automotive fédère les efforts de R&D de six grands industriels de l'automobile et de cinq établissements de recherche. Objectif : concevoir et réaliser de nouveaux outils logiciels dédiés aux architectures et systèmes embarqués du véhicule.

Que du beau monde ! La signature officielle de Num@tec Automative, au dernier salon EquipAuto, a permis de constater que ce projet de R&D coopérative avait déjà gagné le pari de la mobilisation. Côté industriels, on y retrouve Renault, Renault Trucks, Delphi, Siemens VDO, Valeo et Visteon. Côté recherche, le CEA, le CNRS, l'Ecole des Mines de Paris, l'INRETS et l'INRIA : "Ils ont été sélectionnés pour leurs références dans le domaine automobile, leur aptitude à travailler en projet et leur capacité à intégrer les contraintes et le rythme de l'industrie ; au total, ils pourront mobiliser jusqu'à 500 chercheurs" détaille Xavier Apolinarski, du CEA LIST, pilote du projet.
Num@tec Automotive embarque aussi à son bord des "techno providers"comme Freescale ou Monditech. Leur mission sera d'exploiter les travaux industrie - recherche pour donner naissance à des prototypes, voire à des pré-produits. Car le projet a des visées bien concrètes : axé sur les architectures et systèmes embarqués du véhicule, il veut en maîtriser la complexité et la qualité pour produire de l'innovation et des outils de compétitivité.
"L'électronique représentera bientôt 30% ou plus de la valeur d'un véhicule, autant que le moteur, rappelle Xavier Apolinarski. Une voiture de milieu de gamme compte déjà environ 55 calculateurs. La plupart des innovations à venir s'appuieront sur l'électronique : systèmes d'aide à la conduite, commandes électriques de direction ou de freinage... Mais pour les réaliser, il faut travailler ensemble".
Travailler ensemble, c'est d'abord une question de standards : il en existe aujourd'hui plusieurs, alors que l'industrie automobile rêve de fonctions électroniques "plug and play" qui simplifieraient radicalement la conception. C'est aussi une affaire de maîtrise : une automobile doit être sûre même si les calculateurs se multiplient, se complexifient et s'interfacent, ce qui impose de fait des développements multi-acteurs. La notion de "coût automobile" est une spécificité forte du secteur pour assurer la performance, la qualité et la sûreté de fonctionnement.
Une période de lancement d'un an a été nécessaire pour monter un projet qui ménage les intérêts des participants : ils restent concurrents ! Epaulés par André Rault, consultant automobile réputé qui fut directeur adjoint de la recherche de PSA, les onze membres du projet sont parvenus au consensus grâce au découpage par groupes -chaque industriel majeur en pilote un- et à la fixation d'objectifs génériques : "Num@tec Automotive s'attache aux logiciels de base, aux briques technologiques, d'où l'intérêt de mutualiser les travaux, explique Christian Balle, de Renault. En complément, nous mènerons de la recherche intégrée sur la partie applicative pour construire des solutions spécifiques". Enfin, Num@tec Automotive reste un dispositif ouvert : cinq PME ont déjà été cooptées, et d'autres pourraient l'être, pour participer à des sous-projets et devenir à terme fournisseurs des constructeurs et des équipementiers.




La signature officielle, le 14 octobre dernier à Equip'Auto : Num@tec Automative, qui réunit industriels majeurs et laboratoires de pointe, part sur des bases solides.