Jeudi 9 Février 2012
Article paru en octobre 2005
dans CEA Techno(s) n° 77

Joint Hélicoflex

36 ans de développement et toujours des idées

Inventé en 1969, le joint métallique Hélicoflex continue à voir progresser ses ventes (+40% depuis 1998 !) et à mobiliser les efforts d'un laboratoire de recherche de huit personnes. La société stéphanoise Garlock et le CEA, ses inventeurs, s'apprêtent à renouveler leur collaboration et à enrichir une propriété industrielle déjà forte d'une trentaine de brevets.

Un produit inventé en 1969, amélioré depuis à travers une dizaine de brevets, utilisé dans le monde entier et dont les ventes ne cessent de progresser : le joint Hélicoflex, c'est tout cela à la fois ! "Depuis son lancement, le montant des ventes cumulé s'élève à plus de 300 millions d'euros explique Jean-Pierre Cury, directeur de Garlock à Saint Etienne. Nos actionnaires américains le jugent stratégique et nous demandent de continuer à l'améliorer, d'autant que la collaboration avec le CEA nous met constamment en prise avec de nouvelles applications".
A l'origine de ce succès, il y a bien sûr un concept fort : celui d'un joint serré au métal/métal et dissociant les fonctions plastique et élastique, adapté à de très larges plages de température et de pression, aux propriétés d'étanchéité exceptionnelles. Il a conquis ainsi de solides positions dans le nucléaire, puis dans la cryogénie, la mécanique, la chimie, la pétrochimie, la formule 1, le spatial, etc.
Mais la réussite d'Hélicoflex est surtout celle d'une démarche de R&D permanente, dans le cadre du laboratoire commun Garlock-CEA installé sur le site CEA de Pierrelatte. Le brevet de base est tombé dans le domaine public en 1991, mais d'autres l'ont remplacé... "Sur les cinq dernières années, illustre Philippe Caplain, responsable du laboratoire côté CEA, nous avons amélioré plusieurs fois le produit : réduction des efforts de serrage, d'où un allégement important de l'environnement du joint ; création d'un joint multifeuilles dont chacune joue un rôle mécanique distinct ; création d'un joint en graphite encapsulé, d'une élasticité exceptionnelle entre 20 et 900°C ; développement d'un joint haute température à base de céramiques et de métaux haute performance..."
Ce laboratoire de huit personnes est aussi une vitrine pour Garlock. "Nous sommes une entreprise moyenne, rappelle Michel Lefrançois, directeur technique. Mais quand nous nous rendons à Pierrelatte pour faire visiter nos locaux à des clients, l'effet d'image et de crédibilité est très fort".
On pourrait se demander, à l'approche du nouvel accord de recherche triennal (2006 - 2009), où les développeurs d'Hélicoflex vont encore puiser des idées. Interrogation superflue : la voie est toute tracée. "Des utilisateurs comme les fabricants de vannes nous sollicitent pour des co-développements. D'autres demandent des améliorations à la lumière de leurs observations terrain : notre parc installé se chiffre en millions d'exemplaires." Enfin, le CEA associe Garlock à ses travaux de recherche, dès lors que les domaines concernés ont besoin de joints haute étanchéité. Aujourd'hui, la société stéphanoise travaille ainsi en avant-première sur la pile à combustible, le nucléaire haute température, l'électrolyseur haute température ou le laser Mégajoule, en attendant ITER.