Jeudi 9 Février 2012
Article paru en octobre 2005
dans CEA Techno(s) n° 77

le club français des membranes

une passerelle entre chercheurs et industriels

Quelles techniques membranaires utiliser pour des applications industrielles spécifiques ? Quels sont les atouts comparés de la nanofiltration, de la perméation gazeuse et de la pervaporation ? Pourquoi les membranes donnent-elles accès à des procédés plus propres et moins gourmands en énergie ? Autant de questions que le Club Français des Membranes (CFM), ouvert aux chercheurs et aux industriels, place au cœur de son activité. Avec le souci constant de favoriser la diffusion de ces technologies vers l'industrie.

Utilisées depuis 30 ans par l'industrie nucléaire pour les besoins du cycle du combustible, les membranes ont conquis depuis l'agroalimentaire, le traitement de l'eau et l'environnement. En revanche, elles restent peu répandues dans d'autres secteurs, notamment l'énergie et la pétrochimie, où les procédés thermiques sont majoritaires, même s'ils consomment beaucoup d'énergie et génèrent des effluents à dépolluer. "En comparaison, la membrane présente de sérieux avantages, souligne Stéphane Sarrade, chercheur au CEA et président du Club depuis 2003 : on sépare par filtration des solutions concentrées, avec comme force motrice la gravité ou la pression."
Le problème, c'est que les solutions "membranes" ne se trouvent pas sur étagères. Les acteurs restent difficiles à identifier, chaque application a ses spécificités, le retour d'expérience est encore limité... Ce constat fonde la légitimité du Club : fort de 140 membres, chercheurs spécialistes des membranes, industriels et utilisateurs, il compte plusieurs groupes de travail, publie des documents de référence et organise des journées thématiques afin de diffuser les connaissances et de faciliter l'implantation industrielle des membranes.
"C'est le lieu idéal pour faire de la veille technologique, échanger des idées et côté utilisateurs, découvrir les membranes et identifier des prestataires, estime Jean-Pierre Joulin, P-DG de CTI, une société spécialisée dans les membranes céramiques. Et pour nous qui faisons du scaling up de procédés, c'est le point de rencontre parfait entre laboratoires et industriels. Le Club nous a d'ailleurs apporté indirectement plusieurs affaires."
Pour les utilisateurs, les journées thématiques constituent le meilleur point d'entrée. Malgré leurs atouts, les membranes restent en effet considérées comme complexes, coûteuses et difficiles à maintenir, ce que Stéphane Sarrade explique à la lumière d'une enquête récente du Club : "Derrière la plupart des échecs, on trouve une mauvaise définition de l'installation, un manque de suivi et des procédures de nettoyage inadaptées. En clair, un manque de formation et d'information". D'où l'intérêt de ces journées -2 à 4 par an- qui abordent des thèmes industriels précis : "Bioréacteurs à membranes pour la dépollution" a réuni 60 participants en mai à Paris, et une journée "Membranes et biologie" est prévue cet automne. L'occasion en particulier de découvrir des installations pilotes, conçues dans les règles de l'art, et de se convaincre preuves à l'appui du potentiel des membranes !




Mise en place des films d'une unité de filtration électromembranaire pour la désionisation de solutions (chimie, dessalement d'eau de mer, élimination du tartrate de potassium du vin...).