Bras à retour d'effort et monde virtuel, de nouveaux outils pour le kiné
Des kinés convaincus de l'intérêt thérapeutique, des patients séduits par l'aspect ludique : les tests menés fin 2004 dans deux centres de rééducation fonctionnelle ont montré que l'alliance du bras à retour d'effort et du monde virtuel, imaginée par une équipe du CEA LIST, est une solution prometteuse. Explications.
Victimes d'accidents vasculaires cérébraux ou de traumatismes crâniens, atteints de polyarthrite ou de maladie de Parkinson, de nombreux patients se retrouvent un jour face au kinésithérapeute pour tenter de récupérer la mobilité du membre supérieur. Le praticien leur propose alors des exercices à répéter ou des tâches concrètes à effectuer. Mais aucun n'avait jusqu'ici utilisé un bras à retour d'effort, destiné au départ aux concepteurs de bureaux d'études, ou ne s'était immergé dans un monde virtuel présenté sur écran. "Nous avons été poussés dans cette voie par l'association Approche*, pour qui nous développons des recherches sur les systèmes robotisés pour personnes handicapées, raconte Rodolphe Gelin du CEA LIST. Les professionnels de santé ont défini les exercices à exécuter par les patients, puis nous ont confié le développement technologique."
Le bras robotisé Virtuose, doté de six degrés de liberté comme le bras humain, constitue le cœur du système. Il enregistre en continu les efforts appliqués par le patient et sert de guide à ce dernier en maintenant sa main dans la bonne trajectoire. Quelle trajectoire ? Celle suggérée par le jeu virtuel présenté à l'écran : ping-pong, rangement de livres dans une bibliothèque, actionnement d'une manivelle ou suivi d'une trajectoire complexe. "Les tests ont montré que ces images pouvaient jouer un rôle de déclencheur sensoriel et qu'elles focalisent le patient sur la tâche et non sur l'exercice."
Le kinésithérapeute est au cœur du dispositif : il détermine l'exercice à réaliser, vérifie la position du patient, s'assure qu'elle ne change pas - il est tentant d'incliner le buste pour compenser la faiblesse du bras, par exemple - et évalue la durée de travail appropriée. "Au final, le patient fait le même travail, explique Rodolphe Gelin. Mais sur un outil polyvalent, ludique et enrichi par l'apport de l'image."
Brefs mais positifs, les tests réalisés en une semaine dans les centres de Berck sur Mer et Pen Bron ont convaincu Approche de poursuivre le projet. En liaison avec la société Haption, l'équipe CEA LIST développe aujourd'hui un bras simplifié, plus robuste et moins coûteux, qui sera testé pendant un mois dans cinq centres de rééducation avant la fin 2005.
* Association qui regroupe une dizaine de centres de rééducation et de réadaptation fonctionnelle